provision
Le mot évoque une réserve que l’on met de côté, alors qu’il désigne une charge constatée d’avance pour une dépense probable, dont ni le montant ni la date ne sont connus au moment où on l’inscrit.
Suggestions :charge probabledette estiméeengagement prévisibledépense anticipée
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Pourquoi c’est confus
Faire des provisions, dans la langue courante, c’est accumuler pour plus tard. Le lecteur comprend donc qu’une entreprise qui « passe une provision » met de l’argent de côté. Elle ne met rien de côté du tout : elle inscrit dans ses comptes une dépense qu’elle juge probable, pour que le résultat de l’exercice en tienne compte avant qu’elle survienne.
Le contresens est complet, et il est aggravé par le fait qu’il paraît innocent. Un lecteur qui croit avoir compris ne cherche pas plus loin, et lit tout le bilan de travers.
Suggestion
« Charge probable » dit ce que l’objet est et pourquoi il est là. « Dette estimée » convient quand le tiers est connu mais le montant incertain. Les deux abandonnent l’image de la réserve, qui est la source du contresens.
Risques
Le terme est normalisé, et ses composés — provision pour risques, provision pour dépréciation — forment une famille. Le gain se situe dans l’enseignement et la vulgarisation, où l’on peut écrire « charge probable » en signalant que la profession dit « provision ».
D’où ça vient
Le mot vient du droit, où « pourvoir » à une dépense signifie s’en occuper par avance. L’idée d’anticipation est bien là ; c’est l’idée de stock, ajoutée par l’usage courant du pluriel, qui a tout brouillé.