amortissement
Deux sens sans rapport cohabitent sous le même mot : rembourser un emprunt par fractions, et constater la perte de valeur d’un bien qu’on utilise.
Suggestions :étalement de la valeurusure comptable
Modifiée le
Pourquoi c’est confus
Amortir un emprunt, c’est le rembourser peu à peu : de l’argent sort. Amortir une machine, c’est répartir son coût d’achat sur les années où elle sert : aucun argent ne sort, la dépense a déjà eu lieu. Les deux opérations n’ont rien de commun, et le même mot les désigne, souvent dans le même document.
Le lecteur qui a compris le premier sens applique sa compréhension au second et conclut que l’entreprise rembourse quelque chose. Elle ne rembourse rien : elle reconnaît qu’un bien perd de la valeur en servant.
Suggestion
« Étalement de la valeur » pour le bien, qui dit l’opération sans emprunter à l’idée de remboursement. « Usure comptable » est plus imagé et plus court, au prix d’une imprécision : la perte de valeur n’est pas toujours une usure physique.
Risques
Le mot est inscrit au plan comptable dans les deux sens, et la coexistence est ancienne. Une réforme ne peut raisonnablement renommer que le second sens, celui de l’étalement, et devrait assumer que les textes officiels continueront d’employer le mot pour les deux.
D’où ça vient
« Amortir » signifiait affaiblir, atténuer la force d’un choc. Appliqué à une dette, le sens est transparent : on en réduit la vivacité. Appliqué à un bien, il a fallu une métaphore de plus — la valeur s’éteint — que plus personne ne reconstitue.